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APPELS À ARAFAT

 

Ces appels sont rapportés dans le Jerusalem Post par le journaliste arabe Khaled Abou Toameh (26/4, 17/5,19/5/2004)

Traduction par Bertus, voir le site  www.nuitdorient.com

 

Dans le New York Times du 18/5/2004, le roi A'bdallah de Jordanie conjure Yasser A'rafat "de prendre le temps de voir si sa position aide ou non la cause palestinienne, de se regarder dans un miroir et de décider de se démettre dans l'intérêt de son peuple…."

 

Un éminent journaliste, Jihad al Khazan, ancien rédacteur en chef du journal arabe paraissant à Londres, Al-Hayat et ami de longue date d'Arafat, demande le 16/5/2004 dans une lettre ouverte dans ce même journal:

"Notre frère bien-aimé Yasser Arafat, je suggère que tu démissionnes. Tu as fait de ton mieux. Il est temps de transmettre le manche à des mains plus jeunes. L'administration américaine veut que tu quittes la scène politique et Ariel Sharon cherche à te neutraliser. On sait pourquoi dans les deux cas. Tu est leur ennemi.

Je suis arrivé à cette conclusion par amour pour toi, car je suis préoccupé par ton sort…Tu n'es plus très jeune et tu n'es pas dans ta meilleure forme. Et ta cause est encore plus faible que toi. Elle a besoin d'un esprit plus brillant, des mains et des lèvres qui ne tremblent pas. Je te demande de démissionner en tant qu'ami. Je ne te souhaite que du bien et que la cause pour laquelle tu te bats puisse vivre….

Tu as été élu démocratiquement, et si demain il y avait des élections, tu serais encore élu à une écrasante majorité. C'est pourquoi j'espère que tu quitteras la présidence la tête haute, et non la tête basse. Tu resteras ainsi le père de la révolution et de la patrie…. Je sais que tu ne veux pas écouter quelqu'un qui te demande de t'en aller. Mais je suis ton ami, un ami sincère.

Notre amitié a commencé en 1967, t'en souviens-tu? Au bureau d'al Husseini à Amman. Peut-être que tu m'as oublié, tu as tant d'amis! Toutefois je me souviens des marches que j'ai escaladées et qui menaient à ton vaste bureau. Après une heure d'entretien, nous avons pris une photo ensemble, sous une lampe qui pendait du plafond, 37 ans années sont passées, et j'espère encore 40 ou 50… Depuis cette époque, je t'ai rencontré à différentes occasions, à différents endroits, à Wahadat, à al Fakhani, à Londres, Washington, Paris, et puis à Davos! Notre amitié ne s'est jamais démentie, malgré les nombreuses erreurs commises, notamment en Jordanie et au Liban. J'étais à Washington lors de l'invasion du Liban par les troupes israéliennes et je t'ai vu partir en Tunisie. Je t'ai exprimé mon sentiment devant l'accumulation des erreurs durant ces cinq années, et nos relations se sont relâchées. Plus tard notre amitié a repris….

Te souviens-tu d'un dîner à Davos? Je me trouvais à la même table que toi, près du président Hosni Moubarak et de sa femme. Benjamin Natanyahou était, lui, dans un coin de la salle. Te souviens-tu de l'après-dîner? D'une rencontre avec des amis? Parmi eux des Juifs avides de paix. Où sont-ils aujourd'hui? La dernière chose dont je me souvienne à Davos, c'est ton affreux discours, fin janvier 2001! Qui t'a conseillé de parler ainsi? Qui a écrit ce texte et pourquoi? Personne n'a voulu me répondre pour me convaincre, et, ce soir là je t'ai maudit…

Ô mon ami! Je t'écris ces quelques mots après une nuit blanche, après avoir réfléchi à ton sort et à la situation. Je ne veux pas revenir sur les affaires de Jordanie et du Liban, ni sur ta position lors de l'invasion du Koweit par Saddam Hussein, ni sur tes relations avec ce dernier. Je ne reviendrai pas sur toutes les occasions manquées dans le processus de paix…. Toi et nous, avons beaucoup souffert et cela suffit. La cause est dans une impasse où tu l'as conduite. Ceci est la vérité. Tu t'es piégé toi-même et tu as piégé notre cause avec toi. À aucun moment je ne t'ai entendu dire "j'ai fait de mon mieux, j'étais dans le droit chemin, mais j'ai fait des erreurs; mais j'ai réussi à introduire le mot Palestine sur la carte". Mais je ne t'entend pas dire "je démissionne et je laisse la place à un jeune chef qui pourrait transformer un nom en une terre".

Pendant 37 ans, je n'ai jamais douté de ton patriotisme, et non plus aujourd'hui. Tu es pétri de la cause. Et je ne veux pas croire que Yasser Arafat puisse devenir un obstacle à la création d'un état palestinien…. Je ne m'intéresse pas à ce que peuvent dire nos ennemis. Je m'en fais pour toi et pour la cause palestinienne, qui devrait être plus importante que ton ego. Tu as fait de ton mieux pour la Palestine, mais il est temps que tu te reposes. Si tu démissionnes aujourd'hui tu partiras la tête haute. Un homme élu démocratiquement doit savoir démissionner. Des élections démocratiques sont rares au Moyen Orient et les démission sont encore plus rares. Mon ami démissionnes! Assez c'est assez. Fais-le et donnes-nous une chance; donnes une chance à la cause!"

 

Un étudiant arabe a été abattu "par erreur" par un terroriste palestinien embusqué, alors qu'il faisait du jogging à French Hill, à Jérusalem. Son père, Elias Khoury, est un avocat réputé. Il s'exprime dans le Jerusalem Post du 26/4/2004.

"Le fait qu'il s'agissait d'une cellule palestinienne à l'origine de l'attentat, nous le savions depuis le début. Il n'y a aucun doute que le contexte de ce meurtre c'est le conflit israélo-palestinien. Ce qui est douloureux pour moi c'est la parfaite évidence qu'il y a une situation de complète anarchie, de désordre, de chaos, en plus de la perte des valeurs; les gens prennent en main l'interprétation de la loi, pour servir soit-disant la cause palestinienne, ou les intérêts de Dieu.

Les Palestiniens doivent mettre un terme à l'anarchie et commencer à éduquer leurs enfants pour la paix. On ne peut plus laisser la situation se détériorer…. Les chefs religieux devraient d'abord et surtout se rendre compte comment les jeunes sont influencés par les discours liés à la religion, et comment eux les chefs déforment cette religion de la manière la plus odieuse. Ceci est en contradiction avec la volonté divine, avec le Coran et avec l'Islam, car ils prennent en main l'interprétation de la loi. Je suis sérieusement préoccupé par le non respect de la vie humaine et tous ces attentats ne servent pas la cause palestinienne, car c'est la perte des valeurs humaines…. Mon message s'adresse surtout aux chefs religieux et politiques, à la société palestinienne et à tous ces illuminé afin qu'ils cherchent à valoriser la vie humaine. Ils doivent se lever avec courage et dire "assez, c'est assez!"… il faut en finir avec les incitations à la haine…. Nous devons éduquer nos enfants et ces jeunes dans la voie juste du respect de la vie humaine. Nous devons leur enseigner une culture politique qui leur dise que l'ordre doit être maintenu et respecté. Ces gens qui commettent ces crimes nuissent aux intérêts palestiniens et à la religion qu'ils prétendent représenter ou servir. Nous avons besoin de chefs musulmans qui se lèvent pour dire ces choses à voix haute et claire. En restant silencieux, ils portent préjudice à l'Islam et à la société palestinienne…

 

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