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La Diplomatie Publique est Primordiale pour Combattre la Haine du Juif

Par Freddy Eytan, ancien ambassadeur d’Israël, http://jcpa-lecape.org/

26 mars 2024

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Depuis la terrible attaque du 7 octobre 2023 nous constatons que la désinformation, la manipulation et le mensonge triomphent. Sans scrupule, des dirigeants politiques, des intellectuels et artistes se précipitent pour accuser Israël sans connaître les faits sur le terrain. La version palestinienne est amplifiée sur les réseaux sociaux, toujours plus crédible aux yeux de certains journalistes. Des images choc sont diffusées et rediffusées sur toutes les chaînes de la planète et déclenchent des vagues de protestation, de haine et de violence à travers le monde.

 Un dessin iranien négationniste présenté en 2015 au concours de B.D

Les slogans sont toujours les mêmes : « Famine à Gaza, génocide, apartheid, colonisation et occupation » - On ose comparer les soldats israéliens à des nazis, Gaza à Auschwitz. Une guerre psychologique dans le but est de conférer à Israël un caractère démoniaque, transformant la victime israélienne en bourreau. C’est ainsi, qu’on encourage indirectement le terrorisme, l’antisémitisme, et la délégitimation de l’Etat juif. Et pourtant, l’antisémitisme d’hier qui se déchainait par des actes ignobles et bestiaux et des pogroms s’était reproduit à l’aube du 7 octobre. Un antisémitisme classique, recyclé par un antisionisme primaire, barbare et religieux. La déligitimation du seul Etat de la planète appartenant au peuple juif.

Rappelons que le 10 novembre 1975, une résolution infâme, « assimilant le sionisme au racisme », a été adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU. 72 pays, dont tous les pays musulmans, tous les pays de l’Est, le Brésil et le Portugal ont osé, 30 ans après la libération des camps de la mort, de considérer que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Une ignorance totale de l’Histoire contemporaine et du mouvement de la Libération du peuple juif. Lors des conférences sur le racisme, la confusion, l’amalgame, les attaques contre les Juifs sionistes sont toujours virulentes et antisémites. Une machination orchestrée par l’Iran, l’Afrique du Sud et des ONG d’extrême gauche. Pour eux et pour tous les antisionistes, l’Etat d’Israël est éphémère, il disparaitra un jour, tôt ou tard.

C’est clair, dans les moments de crise et suite à des raids de l’armée israélienne, une campagne de dénigrement et de désinformation se déchaine toujours à travers le monde. Les vagues antisionistes ont débuté lors de la Première guerre du Liban, en juin 1982, avec le massacre de Palestiniens, par les Phalanges chrétiennes, dans les camps de Sabra et Chatila, dans la banlieue de Beyrouth. L’offensive israélienne actuelle contre le Hamas dans la bande de Gaza accentue cette campagne antisioniste. Elle dure depuis plus de quatre décennies et probablement se poursuivra avec plus d’intensité.

 Caricature de de Vasco Gargalo dans le magazine portugais Sabado en 2019

Il ne s’agit pas de critiquer simplement un gouvernement, une politique, une armée, ce qui est légitime en soi, mais de délégitimer tout un peuple et un Etat démocratique. Le Juif et Israël sont diabolisés à chaque occasion. Des journaux et de nombreux sites Internet et des blogs véhiculent la haine et la désinformation. Les titres, les caricatures, les photos, les articles, les réactions et les commentaires déforment systématiquement les faits historiques et les réalités au Proche-Orient, et présentent Israël comme l’incarnation du Mal.

L’antisémitisme est une pensée déformée et négative, une conception tordue et fausse. L’antisémite se base sur des préjugés primitifs, des idées barbares enveloppées d’une haine coléreuse. L’antisémite est lâche, médiocre et ignorant. Il agit par reflexe collectif et par une passion irrationnelle et trompeuse. Son raisonnement est contestable et ses arguments sont ridicules. Il pense avoir le monopole de la vérité mais dès qu’on lui démontre le contraire, il tire ses griffes et réagit avec férocité et haine aveugle. L’antisémite est un mégalomane raciste qui croit détenir la marche du monde, le pouvoir de jugement entre les hommes et les femmes, les vieux et les jeunes, et entre le Bien et le Mal.

Caricature parue ces jours-ci dans le journal québécoi La Presse

Dans un monde où les civilisations se déchirent, dans une région où le fanatisme religieux l’emporte et la loi de la jungle est déchainée, il n’y pas de place pour la sagesse et l’esprit cartésien pour traiter des États voyous ou des chefs terroristes.

L’appel à la raison, à la liberté d’expression cache chez certains une manipulation idéologique flagrante et tente de monopoliser le débat sur la solution d’un conflit douloureux qu’Israéliens et Arabes endurent voilà déjà plus de sept décennies.

La critique est certes légitime mais les préjudices, la désinformation et la délégitimation sont inadmissibles.

L’antisémitisme représente le contraire absolu de l’humanisme, l’opposé extrême des valeurs judéo-chrétiennes et des Dix commandements. Ces lois fondamentales et universelles protègent l’homme au sein d’une société anarchique et bestiale et lui offre des droits et des obligations civiques élémentaires.

Pour frayer son chemin, pour aboutir à ses fins, l’anti-juif abandonne la conscience des hommes et les libertés. Il écrase les incompatibles et les faibles et écarte les étrangers, les marginaux et tous ceux qui lui font obstacle. Le Juif est la victime et le bouc émissaire. Il représente donc le Mal et il est à l’origine de tous les maux de la terre. Tout ce qui se passe sur terre : les conflits, les guerres, les maladies, les famines, les révolutions et les crises financières sont, selon lui, à cause des Juifs. C’est le Juif qui sème la discorde entre les peuples, qui détient le pouvoir de l’argent et les banques.

Ces jours-ci, un quotidien québécois s’est excusé pour avoir publié une caricature de Nétanyahou, représenté sous les traits d’un vampire…La rédaction de ce journal « ignorait » (sic) que ce vampire, Nosferatu, fut un personnage de cinéma repris par la propagande nazie.

Aucun prétexte pour la publication d’une caricature antisémite. Toutes les excuses après coup d’un journal prétendant être sérieux et honnête sont hypocrites et non sincères puisqu’elles se renouvellent à chaque fois. Ces publications odieuses et nauséabondes provoquent un tollé général et encouragent les actes antisémites et terroristes. Elles sont diffusées quotidiennement dans la presse et sur les réseaux sociaux du monde arabo-musulman et particulièrement en Iran. Elles devraient être condamnées énergiquement par la presse dite libérale.

Aucun rapport avec la liberté d’expression. La critique moqueuse ou la satire amusante est certes légitime et peut-être justifiée, mais elle a aussi des limites et des lignes rouges. Il est inadmissible que des journalistes sans aucune responsabilité pleine et entière à l’égard de leurs lecteurs se dérobent de leurs actes, en se contentant de s’excuser timidement. Leur devoir est de respecter le métier de journaliste et d’assumer avec une honnêteté intellectuelle toutes les responsabilités éthiques et morales ainsi que les conséquences.

La perception de la création de l’État d’Israël comme une « catastrophe » (Nakba) et une entité colonisatrice reflète un récit palestinien constant et continu rejetant la création d’un État national pour le peuple juif dans n’importe quelle partie de la Palestine mandataire. Elle sert à falsifier et renverser le récit historique d’un déni inhérent du droit à l’existence d’un État juif par l’agression et le rejet, à celui de victimisation et de déni des droits.

Notre devoir est de poursuivre le combat contre l’incitation à la haine, les préjugés et les préjudices. Dénoncer le lavage de cerveau international orchestré par les dirigeants palestiniens, et des éléments de la gauche radicale occidentale. Prouvez par des preuves historiques et juridiques irréfutables que le récit véhiculé dans les médias, les réseaux sociaux, et au sein les campus universitaires est complétement faux et abject.

Cependant, il est regrettable que la diplomatie publique gouvernementale est presque inexistante. Comment concevoir que dans un pays en guerre la coordination entre les ministères fonctionne mal. Comment gagner la guerre de l’information et combattre la désinformation quotidienne sans un budget annexe et des fonctionnaires compétents et orfèvres dans la communication.