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Tsedek-Info
d'Israël n° 181 --mars-avril 2026
Pot Pourri Politique sans Périodicité ni Priorité
-N°403 le
10/08/2026
Le
Régime des Ayatollahs d'Iran ne Disparaîtra qu'Après une Guerre Civile
Par
Albert Soued, écrivain, http://symbole.chez.com
10/09/2026
Le
régime des ayatollahs dure depuis 47 ans en Iran et n'est pas prêt à céder
son pouvoir, basé sur une idéologie religieuse. Le chiisme duodécimain,
doctrine majoritaire en Iran, croit au retour d'un messie caché, le Mahdi,
12ème imam disparu, censé revenir à la fin des temps pour instaurer un
règne de justice divine. Depuis 1979, cette croyance a été transformée
en doctrine d'État:
o
Le Guide Suprême se présente comme le représentant du Mahdi sur Terre.
o La Force Qods des CGRI agit pour " préparer " le monde à son retour.
o
Jérusalem devient un objectif religieux autant que stratégique.
Sur
le plan intérieur, les bazarjis, ou commerçants des bazars iraniens, ont
joué un rôle central et stratégique dans la chute politique du Shah d'Iran
en 1979. Leur implication dans la Révolution islamique ne fut ni marginale,
ni purement économique : ils ont été un acteur socio-politique majeur,
souvent sous-estimé, qui a contribué à l'effondrement du régime monarchique
(1)
Après
l'expulsion de l'ayatollah Khomeini d'Iran par le shah, celui-ci part
en Irak et après avoir été expulsé d'Irak, il se rend au Koweït, qui lui
refuse l'entrée, puis gagne la France. Il s'installe à Neauphle-le-Château,
le 6 octobre 1978. Neauphle-le-Château devient pendant quatre mois le
centre médiatique de la révolution iranienne. Khomeini rentre finalement
à Téhéran le 1er février 1979, dans un avion d'Air France mis spécialement
à sa disposition, après le départ du shah et l'effondrement progressif
de son régime (2). La France a ainsi contribué indirectement à l'installation
en Iran d'un régime autoritaire qui a pour but d'installer le shiisme
duodécimal en Iran et puis dans le monde, après s'être débarrasser du
" petit satan " Israël, obstacle majeur dans sa stratégie.
En
47 ans ce régime a réussi à s'installer partout en Iran, en s'appropriant
la majeure partie des ressources du pays. Il a utilisé successivement
les moyens suivants:
-
Création d'une armée et d'une police parallèles à celle de l'état
et dépendant directement du Guide Suprême :
Armée
Régulière et conventionnelle d'Iran Artesh : 350 000 militaires terre
+ 70 000 air/mer- Dont 50% d'appelés.
Police
régulière: FARAJA,ou "Law Enforcement Command"
200 000 hommes.
Force
idéologique créée par les ayatollahs dépendant du Guide Suprême Gardiens
de la Révolution CGRI/Pasdarans : 190 000 hommes-
Milice
paramilitaire et réserve Basiji : environ 600 000 gérés par les CGRI
-
Enrichissement permanent et secret d'uranium pour obtenir un pouvoir nucléaire,
le rendant invulnérable
-
Gestion administrative horizontale des régions, avec un pouvoir local
interchangeable
-
Installation de groupes affiliés appelés "proxys", formés et financés
par les CGRI à Gaza (Hamas), au Liban (Hezbollah), au Yémen (les Houtis),
en Syrie et Irak (milices shiites)
- Création d'une légion étrangère, appelée "brigade d'el Qods"
- Installation et financement de cellules dormantes dans tous les pays
hébergeant des musulmans shiites, notamment en Afrique, Amérique latine
et Europe. Ainsi début mars 2026, une entité jusque-là inconnue, se faisant
appeler Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya (HAYI), a émergé et a revendiqué
une vague d'attentats à travers l'Europe.
- Création de ressources extérieures liées au narco-trafic, qui s'ajoutent
à celles du pétrole et du gaz
- Création de nouveaux liens avec la Russie et la Chine par la vente de
gaz, de pétrole et de drones
Malgré
les pertes militaires infligées par Israël et les Etats-Unis, et les sanctions
américaines qui l'ont affaibli et malgré les révoltes locales qui s'ensuivirent
en 1979, 1999, 2009, 2017-2018, 2019, 2022, fin 2025 et début 2026 (3),
le pouvoir shiite semble tenir, grâce à son organisation démente et surtout
son objectif nucléaire, et plus récemment son blocage du détroit d'Ormouz
et le développement de drones difficiles à détecter.
Dans
cette guerre hybride, la menace pesant sur les États de la région n'est
plus perçue comme une simple invasion territoriale ou une agression militaire
traditionnelle, mais comme une érosion progressive de la souveraineté
par la pénétration idéologique, les réseaux paramilitaires, la fragmentation
politique et l'intimidation stratégique. En réalité, le temps perdu par
l'Amérique à négocier avec un régime terroriste nazi islamiste shiite
en Iran est une insulte à l'intelligence de l'humanité au XXIe siècle,
ainsi qu'à la civilisation et à la morale. Personne ne serre la main à
des meurtriers, des terroristes et une dictature religieuse, et encore
moins ne signe d'accord avec eux. Toute diplomatie avec une junte barbare
est illusoire. La nature même du régime terroriste islamique des mollahs
shiites est fondamentalement opposée à la paix, à la stabilité et au dialogue.
Ce régime gagne du temps tout en occupant Trump jusqu'à la fin de son
mandat.
Pour
venir à bout de ce régime dangereux pour Israël et le monde, il n'y a
pas d'autre objectif qu'obtenir sa capitulation. La rigidité idéologique,
le fanatisme et les illusions de l'establishment clérical chiite rendent
un tel dénouement difficile. Les pressions militaires et économiques exercées
n'entraînent pas de soulèvement interne sérieux. La seule possibilité,
sans certitude de succès, c'est de provoquer une guerre civile, en encadrant
et en armant les groupes opposants parmi les perses et surtout les minorités
ethniques (azadis, baloutches, kurdes, arabes…), pour amener les CGRI
et les Basijis à se rendre.
Avec
l'aide d'Israël et des Etats-Unis, la campagne pourrait cibler les infrastructures
énergétiques, notamment les centrales électriques, les raffineries de
pétrole et le réseau électrique national. Le centre de gravité du régime
repose sur son réseau électrique national, ses raffineries de pétrole,
ses réseaux de distribution de carburant, ses centres de commandement
et de contrôle, ses systèmes de communication et les mécanismes institutionnels
qui assurent la continuité du gouvernement. Si ces systèmes essentiels
sont perturbés, les conséquences iront bien au-delà de la simple destruction
matérielle.
S'il y a reddition de la clique shiite au pouvoir et victoire des Etats-Unis,
avec l'aide des équipes d'experts, Reza Pahlavi, fils du shah, mènera
la transition jusqu'aux élections qui permettront aux Iraniens de voter
pour le régime laïc et démocratique de leur choix.
Notes
(1)
a. Les bazarjis : qui sont-ils ?
o
Les bazarjis sont les commerçants, artisans, grossistes et petits entrepreneurs
travaillant dans les bazars traditionnels iraniens.
o
Ils forment une classe économiquement puissante et socialement influente,
souvent conservatrice sur les plans religieux et culturel.
o Ils sont historiquement proches du clergé chiite (oulémas), avec qui
ils entretiennent des relations d'interdépendance (financement, soutien
idéologique, réseau social).
b. Tensions avec le régime du Shah Sous le règne de Mohammad Reza Pahlavi
:
o
Le Shah a tenté de moderniser et industrialiser l'économie iranienne (réformes
de la "Révolution blanche", années 1960).
o
Cette politique a affaibli les bazars, au profit des grandes entreprises,
des multinationales, et de la bourgeoisie d'État technocratique.
o
Les bazarjis se sont sentis marginalisés économiquement et menacés culturellement
par la laïcisation et l'occidentalisation imposées par le régime.
c.
Rôle économique dans la Révolution
o
Les bazarjis ont soutenu financièrement les réseaux cléricaux et les groupes
révolutionnaires, en particulier ceux fidèles à l'ayatollah Khomeini.
o
Ils ont financé la propagande, imprimé et distribué les cassettes des
sermons de Khomeini.
o En 1978, ils ont organisé des grèves économiques massives, notamment
la fermeture des bazars à Téhéran, Ispahan, et dans d'autres grandes villes,
paralysant une part essentielle de l'économie urbaine.
o
Ils ont soutenu les grèves du secteur pétrolier, cruciales pour l'économie
nationale et qui ont fini par étrangler financièrement le régime.
d.
Rôle social et politique
o Les bazars ont servi de lieux de diffusion d'informations et d'agitation
politique : les rumeurs, discours, et appels à manifester y circulaient
rapidement.
o
Leur alliance avec les oulémas a formé un pôle de résistance idéologique
à la modernité occidentalisée du Shah.
o Le soutien des bazarjis a légitimé la Révolution aux yeux de la population
urbaine traditionnelle.
e.
Après la Révolution : récompense politique
o
Après 1979, les bazarjis ont vu leur pouvoir renforcé
o
L'économie a été partiellement réislamisée et les bazars protégés.
o
Ils ont occupé des postes clés dans la nouvelle République islamique.
o
Leur alliance avec le clergé a été consolidée dans le nouveau système
politico-religieux.
f. Conclusion
Les
bazarjis ont été un pilier de la contestation anti-Shah, à la fois par
leur poids économique, leur proximité avec le clergé, et leur capacité
à mobiliser les masses urbaines. Leur opposition n'était pas motivée uniquement
par des raisons économiques, mais aussi par une volonté de défendre une
vision islamique, traditionnelle et nationale de la société iranienne,
contre la modernisation autoritaire du Shah. Leur contribution a été décisive
dans la réussite de la Révolution islamique de 1979.
(2)Le
shah d'Iran a demandé à Giscard d'Estaing, président de la France, de
laisser Khomeini sur son territoire, plutôt que de lui permettre de rejoindre
un autre pays où il aurait pu poursuivre son opposition au régime. Giscard
a affirmé que la France n'avait pas accueilli Khomeini dans le but de
préparer un changement de régime ou pour obtenir des avantages pétroliers,
mais parce qu'il était considéré comme un réfugié politique. Et une expulsion
brutale de Khomeini en 1978 aurait, selon lui, risqué de provoquer une
explosion en Iran et d'en rendre la France responsable. Khomeini bénéficie
ensuite d'une liberté de communication. Depuis Neauphle-le-Château, il
peut recevoir journalistes, responsables politiques et partisans, et ses
déclarations sont diffusées vers l'Iran. Cela contribue considérablement
à sa visibilité et à son influence révolutionnaire.
(3)
En 1979, 1999, 2009, 2017-2018, 2019, 2022, fin 2025 et début 2026, le
peuple iranien s'est soulevé lors de manifestations massives à travers
le pays pour protester contre l'effondrement économique, la répression
et les défaillances de la gouvernance. À chaque fois, le régime a répondu
par des massacres impitoyables - le dernier en date remontant à janvier
2026, lorsque les forces de sécurité ont imposé des coupures d'électricité
et ont ouvert le feu sur les manifestants civils à l'aide de mitrailleuses
et de fusils de précision. Le régime iranien a tué "au moins 42 000 manifestants"
en quelques jours. Le régime iranien, fort de centaines de milliers d'hommes
armés au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique, des milices
Bassidj et autres forces de sécurité, exerce un contrôle absolu sur sa
population. Des millions de civils non armés, aussi courageux soient-ils,
ne peuvent aisément se prémunir contre une telle force.
***
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édité chez "Editions de l'Histoire",
Collection "Le Monde en Mouvement", au 17 bis, rue du
Château - 80540 Saint-Aubin-Montenoy
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le Moyen-Orient verra-t-il la paix ? ”
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